La psychothérapie Version imprimable Suggérer par mail

psychothrapie.jpg La psychothérapie a été introduite au CMP en 1970, sous la forme de psychothérapies de soutien d'inspiration psychanalytique, avec par périodes des expériences de psychodrames, soit individuels soit en groupe.

Certains enfants, soit parce qu'ils en font la demande ("avoir un lieu pour parler de leurs difficultés"), soit parce que le désarroi qui semble être le leur sur le plan existentiel ou relationnel suscite cette demande chez les adultes qui en ont la charge, se voient proposer ce type d'aide individuelle. Après accord entre les différents intervenants, le thérapeute et l'enfant se rencontrent quelques fois, pour voir si "quelque chose" naît de cette rencontre. Ce "quelque chose" est difficile à définir. L'enfant est confronté lors de ces entretiens préliminaires à une relation d'écoute qui peut passer à travers l'entretien, la conversation, mais aussi à travers le dessin ou le jeu symbolique, voire le jeu de rôle.

Il y a relativement peu de médiateurs matériels offerts à l'enfant : du papier, des crayons, quelques jouets, marionnettes, figurines humaines ou animales ... Ce qui compte, c'est la rencontre entre 2 personnes, et l'expérience que peut y faire l'enfant d'être écouté comme une personne. Il se révèle alors preneur ou pas de cette expérience.

Dans un 2ème temps, le thérapeute rencontre les parents, qui ont été informés par les éducateurs de la proposition thérapeutique faite à l'enfant. L'accord des parents est nécessaire, ainsi qu'une compréhension, au moins partielle de leur part, du désarroi de leur enfant, pour que celui-ci puisse se sentir autorisé à poursuivre et approfondir la relation thérapeutique.

Ces conditions étant réunies - l'accord de l'enfant, de ses parents et des adultes de référence de l'institution - la relation thérapeutique peut se développer dans le temps de l'espace convenu. Le cadre de la psychothérapie, c'est le lieu où elle se déroule (le bureau du psychothérapeute), c'est son inscription dans la temporalité (le rythme convenu des séances, la durée -indéterminée- du traitement), ce sont aussi les règles : invitation de parler de tout ce qui vient à l'esprit, liberté de parler de tout, liberté de figurer tout, sans tabou, mais abstinence de tout "passage à l'acte", confidentialité garantie par le thérapeute de l'enfant à l'égard de tous les autres adultes (parents/institutions). 

Concrètement, la relation se nourrit de ce que l'enfant y apporte -c'est l'auberge espagnole!- comme récit de vie, récit de rêve, thème de dessin ou de jeux, voir de bricolages. Le thérapeute accompagne l'enfant dans le déploiement ou la réalisation de ses idées, et partage avec lui les pensées qui lui viennent sur le sens que ce matériel pourrait prendre, existentiellement parlant, pour l'enfant, dans la relation thérapeutique.